mai 10, 2008...2:10
Une compresse oubliée la tue
Patience filait le parfait amour avec son mari, Amboise. Un jeune couple qui avait toute la vie devant lui. Patience et Amboise avaient déjà Betty, leur petite fille. Et comme tout allait bien, ils avaient décidé d’agrandir la famille.
Le 20 février 2001, Patience accouche. “Autant l’accouchement pour Betty s’était bien passé, autant celui pour Daniel s’est révélé beaucoup plus douloureux” , nous confie Amboise. “Il a fallu procéder à une césarienne.”
Mais finalement, selon le corps médical, tout va bien. Patience regagne sa chambre à la maternité, avec le petit Daniel. Toute la famille est réunie. Le bonheur. Mais pas pour longtemps.
“Patience me disait qu’elle souffrait. Elle se rendait compte que quelque chose n’allait pas bien. Mais à la maternité de la clinique Saint-Étienne, à Bruxelles, une infirmière lui a dit : “Cessez de vous plaindre. Vous êtes fainéante. Occupez-vous plutôt de votre enfant.” Honteux. Honteux lorsque l’on sait que Patience souffrait réellement le martyre, à cause d’une compresse oubliée lors de l’intervention.
De retour à la maison, la situation se détériore. C’est toute la famille qui est inquiète. Patience rend visite à son gynécologue à deux reprises. Mais le spécialiste ne détecte pas le corps étranger.
Patience ne parvient plus à marcher autrement que recroquevillée sur elle-même.
Le 14 mars 2001, trois semaines après l’accouchement, Patience est dans un état de souffrance critique. Amboise ne tient plus, il alerte une ambulance. Patience est emmenée d’urgence à l’hôpital le plus proche, la clinique Paul Brien. Il est 11 h. Amboise est laissé à l’écart. Sa femme s’en va.
À midi, il se présente à l’accueil de l’hôpital. “Je n’ai pas pu entrer, on m’a dit que j’allais ralentir l’intervention. Quelle intervention ?”
Amboise n’est pas tenu informé. Il revient à 13 h. Là, on lui dit qu’une intervention d’urgence est ordonnée. Les médecins ont détecté un corps étranger avec le scanner. Amboise n’en est pas avisé.
Il revient à 14 h. Il essuie un nouveau refus. On lui demande de revenir… plus tard.
Les heures passent. Interminables. À 20 h, la tragique nouvelle tombe : “Un médecin m’a fait entrer dans son bureau, m’a dit de m’asseoir et m’a dit : Monsieur, je suis désolé. On a essayé de tout faire. Mais cela n’a pas suffi. Elle est décédée.”
Patience laisse son mari, sa petite fille Betty de 3 ans et demi et Daniel âgé de… 22 jours.
Hier, le tribunal a condamné à une simple suspension du prononcé le docteur R. et l’association hospitalière de Bruxelles-Schaerbeek.
Depuis ce 14 mars 2001, Amboise se bat. Pour que l’erreur soit reconnue. Pour Betty. Pour que Daniel, qui jamais ne connaîtra sa maman, puisse comprendre.
Laisser un commentaire